Web 2.0, médias sociaux et réseaux sociaux
Une fois n’est pas coutume, je vais vous parler de Web 2.0, de médias sociaux et de réseaux sociaux. Mais pas question de vous présenter le dernier outil à la mode. Je vais proposer une définition pour ces trois célèbres expressions utilisées, ré-utilisées et encore ré-utilisées (quelques fois à tort et à travers ou pas toujours à bon escient).
Je cours peut-être un risque, celui de faire grincer quelques dents. En effet, il existe des divergences sur la manière de définir ces trois expressions. Par ailleurs, combien ont déjà essayé de définir ces expressions !! Après quelques recherches sur le Web et quelques lectures (qui mériteraient d’être approfondies), voilà comment je vois les choses.
Web 2.0
Pour moi, le Web 2.0 c’est un ensemble d’outils (comme le wiki et le blog), de technologies (comme le RSS) et de concepts (comme l’échange, la confiance ou encore le partage). Mais c’est surtout une nouvelle manière de partager, de communiquer, d’interagir et de rencontrer. C’est aussi la possibilité pour un plus grand nombre de personnes/d’internautes de créer, commenter, évaluer (le fameux UGC).
Mais est-ce que cela parle à Monsieur Tout le Monde ? Je n’en suis pas sûre. Du coup, n’est-il pas plus simple de dire que le Web 2.0 est une évolution du Web. Et là, la comparaison de services proposée par Tim O’Reilly lors d’une séance de brainstorming en 2004 tombe à pic. C’est parlant :
Mais l’expression « Web 2.0″ est en voie de disparition. En progression constante (malgré quelques bas) jusqu’à la fin de 2007, sa popularité diminue. Trop galvaudé, le pauvre.
Médias sociaux
La définition donnée dans le rapport Power to the people – Social Media Tracker Wave.3 d’Universal Mc Cann est celle qui me semble la mieux pour définir cette expression :
Online applications, platforms and media which aim to facilitate interaction, collaboration and the sharing of content.
On parle d’applications, de plateformes et de médias. Nous ne sommes plus dans le flou artistique même si c’est la définition est large. L’expression a tendance à remplacer celle de Web 2.0, non ? C’est plus qu’une impression, non ? Le schéma fourni dans le même rapport permet d’y voir plus clair et rappelle beaucoup celui de Fred Cavazza :
On y trouve des sites de partage (DailyMotion par exemple), de discussion (Meebo par exemple), de publication (Blogger par exemple), de micro-publication (Twitter par exemple)… et les réseaux sociaux.
Réseaux sociaux
Voici une expression que nous sommes très très nombreux à utiliser pour désigner des sites comme Viadeo ou Facebook, et pourtant pour certains (Olivier Auber entre autres), nous devrions cesser de l’utiliser. Pourquoi ? Allez, je vous mets la définition de Danah Boyd, grande prêtresse des sites de réseau social (tiens, c’est mieux ?) :
Catégorie de sites Web avec des profils, un commentaire public du profil semi-persistent et un réseau social publiquement articulé et visitable, montré en rapport au profil.
Quand on lit cette définition, on se dit qu’elle peut coller à des sites comme Flickr ou YouTube. Sur ces sites, vous avez un profil, vous pouvez avoir des « amis », leur envoyer des messages… En résumé, on devrait utiliser un autre terme pour désigner des sites comme Viadeo ou Facebook.
Alors, quelles différences entre Web 2.0, médias sociaux et réseaux sociaux ? Your turn !
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Pour moi réseaux sociaux n’est que le pluriel de réseau social et cela n’a rien de technologique…. heureusement d’ailleurs
http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9seau_social
L’impulsion
Pour moi:
- web 2.0 = enablement of user generated content / media of the masses / start of read-write paradigm avec attentes hyper-optimistes par rapport aux performances des utilisateurs que ce soit en termes de tagging (dans les del.icio.us, dailymotion… etc)
- médias sociaux = web 2.0 mais avec une logique médiatique en termes de production de contenu se distinguant par sa relative focalisation thématique, un niveau de qualité peut-être meilleur que celui des « carnets intimes » qui avaient donné lieu aux premières définitions des blogs en francophonie – donc d’une certaine façon on parle ici de journalisme citoyen, de création originale, mais aussi de reprise et augmentation de contenus existants avec un modèle de communications potentiellement de tous vers tous mais en pratique toujours centré autour de hubs ou de contributeurs dominants (d’où sans doute la notion de bloggers influents dans laquelle se sont complues certaines agences marketing depuis quelques années et qui est une FANM = foutaise absolument non mesurable)
- réseau sociaux = sites participatifs sur lesquels simplification, ouverture des plateformes et interfaces, automatisation des mécanismes et minimalisme de design (cf. Twitter) rendent possible un modèle médiatique / communicationnel « tous vers tous » en superposition sur les réalités précédentes définies par web 2.0 et médias sociaux
Mais bon je préfère rester prudent avec les définitions et ne pas être trop rigide. L’essentiel est de se créer des grilles de lecture qui permettent de comprendre un peu ce qui se passe à un moment donné en gardant à l’esprit que la carte n’est pas le territoire…
Question intéressante toutefois
Merci de m’avoir fait réfléchir un peu plus loin…
Stop stop stop… Le web n’a pas de version.
L’UGC, les communautés et le participatif, s’ils ne sont pas nés avec le web, n’existe pas uniquement depuis ces 4/5 dernières années. La seule et unique différence, c’est que le Web a atteint le seuil critique. contrairement à la fin des années 90, il y a maintenant suffisamment d’Internaute pour créer le « mouvement » nécessaire à la constitution de réseau évolutifs et participatifs.
En voyant tes schémas, je ne peux m’empêcher de penser qu’il y a finalement que très peu de différences entre web 1.0 et web 2.0. Les conversations, les UGC existaient déja dans le web1.0. Le point de divergence vient peut être du fait que dans le web 1.0 les fournisseurs de services se sentaient encore obligé de fournir du contenu et parfois de l’analyse autours des UGC (cela avait un coût). Si avec le web 2.0 les outils on changés, les conversations sont restées les mêmes, elles sont simplement devenu plus visibles, plus accessibles parce que le bruit autour de celles-ci à disparu, on a supprimé ou modifié l’emballage pour mettre le produit (l’utilisateur) en avant. Les pratiques elles me semblent avoir très peu changé.