Retour de l’ESC Lille [02/02/09]
J’intervenais lundi à l’ESC Lille (une habitude, je sais) sur l’identité numérique et le personal branding. Premier cours d’une longue série sur ce sujet, donné dans une école française, dixit les geemiks toujours aussi dynamiques. Identik est également intervenu (voir le post précédent). Je devrais intervenir dans le même cadre à Paris.
Plus qu’un cours, il s’agit d’un véritable programme sur 3 ans alliant cours en amphi et TD. Une façon de voir comment les étudiants gèrent leur identité numérique au cours du temps, s’ils sont prennent progressivement conscience de l’importance de gérer leur réputation, leur image sur le Web.
J’ai présenté les grandes lignes de ce qu’est l’identité numérique, pourquoi c’est important de la soigner et comment mieux maîtriser sa présence numérique via la mise en place d’une démarche de personal branding.
De cette séance, j’ai retenu plusieurs points :
- Les étudiants ont une utilisation très ludique des services Web. 80 % des étudiants sont sur Facebook, et seulement 2 sur les 250 présents ont un profil sur Viadeo (et ce profil n’est pas du tout à jour ; il a été créé en début d’année car on leur a dit de le faire).
- Certains d’entre eux ont un blog, sur Skyblogs, qu’ils n’alimentent pas. C’est la curiosité qui les amenés à en créer un. Ca prend trop de temps et ça ne sert à rien.
- Aux dires d’une éudiante, il y aurait des flux migratoires d’une plateforme à l’autre : Caramail, MSN, Facebook… On va là où les autres se trouvent, le plus grand nombre. Une évolution des usages donc qui repose sur la mode et probablement aussi sur l’état d’esprit et la maturité des jeunes.
- Un professeur présent a signalé qu’il y avait sur Facebook, pour ses étudiants un avant et un après mai. Avant mai, les photos des étudiants sont « olé olé », après mai, étant à la recherche d’un stage, les photos deviennent plus professionnelles. Une gestion ponctuelle de son image ?
- Ils ne voient pas l’intérêt de gérer leur identité numérique, et pourtant ils n’apprécient pas de se faire tagger sur Facebook ! Etonnant
Au-delà de ces aspects, il semble que les étudiants rencontrent des difficultés dans leur recherche d’informations. Ils manquent de méthodologie. Ils utilisent essentiellement Google et Wikipédia. Ils ne consultent pas des sources d’informations comme Slideshare, YouTube, des sites d’actualités… et le dictionnaire classique a totalement disparu.
Gérer son identité numérique, c’est notamment gérer son employabilité. Finalement, l’identité numérique ne pourrait-elle pas être davantage reliée à ce qu’on appelle la formation tout au long de la vie ?
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J’ai bien aimé ta conclusion.
A l’époque avec l’arrivée d’internet et la masse d’informations que l’on avait à portée de clic on a fini par se poser la question de la validation de l’information. Question amplifiée avec le WEB2.0 et la possibilité pour un être lambda de publier de l’information.
Je ferais bien le parallèle entre cette problématique et la gestion de l’identité numérique. Autant l’accompagnement des nouvelles générations à la validation de l’information et à l’adoption d’un certain recul sur l’information trouvée aurait été primordiale dés le lycée, … autant l’accompagnement des nouvelles générations à la gestion de leur identité numérique apparaît aujourd’hui comme incontournable.
Mais à mon sens nous intervenons même déjà trop tard, les « mauvais réflexes » sont déjà acquis.
Mince, je pensais qu’il y aurait plus de bons élèves dans mon école ^^….
Mais c’est vrai que le côté ludique l’emporte sur le reste, c’est le premier point d’accroche parmi les étudiants qui ne sont pas sensibilisés plus que ça à Internet et aux réseaux sociaux.
La question de l’employabilité devrait sûrement être le point central à aborder pour nous pousser à utiliser des services nous permettant de nous démarquer des autres (par le haut, et non par le bas, donc sensibiliser sur les bonnes utilisations et prévenir sur les risques).
Bon article en tout cas, c’est bien d’avoir un retour direct du terrain.
Merci aussi à toi pour ton commentaire. Je pense que je n’ai pas été assez incisive. Je pense l’être un peu plus au cours de mes deux prochaines interventions sur ce sujet à Paris.