- 21 septembre 2009
- Mobilité et iphone
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Mots-clefs :consommateur, contradiction
Nous sommes plein de contradictions
21 septembre 2009 Posted By eogez
C’est dans notre nature de dire/penser une chose et d’en faire une autre. Surtout si le contexte ne s’y prête pas ou bien s’il n’est pas à notre avantage. On se voile la face, on fait comme si on ne savait pas, on « renie » quand ça arrange. Et cela concerne aussi bien notre vie de tous les jours que le respect de l’environnement ou encore l’utilisation d’un iPhone (exemple typique ?).
L’article de Bruno Kerouanton revient sur ces contradictions. Nous n’assumons pas toujours nos choix et selon lui, le cas de l’iPhone montre que l’innovation et l’ergonomie sont capables de nous faire oublier nos valeurs et convictions :
« Le succès d’Apple tient à la technologie et à l’innovation. En offrant à ses clients un produit très en avance sur ses concurrents, en termes d’ergonomie et de fonctionnalités, ceux-ci sont prêts à en oublier les inconvénients, voire carrément à en occulter l’existence. «
Ce qui serait intéressant de savoir, c’est si cette tendance à la contradiction est plus forte quand il s’agit de technologies innovantes ou quand il s’agit de personnes ayant un profil spécifique comme les geeks ?
2 Responses to “Nous sommes plein de contradictions”
Personnellement j’assume complètement de ne pas avoir un iPhone.
Tout d’abord nous sommes plein de contradictions et il serait temps d’assumer ça. Nous faisons toujours des choix et les choix que nous faisons sont toujours faits à nouveau, il n’y a aucun répis en la matière. Bien entendu il était de bon ton, jusqu’au 19è siècle on va dire, de se tenir à quelque chose, même dans l’erreur. Petit à petit il a fallu négocier avec les choix du passé. Aujourd’hui nous comprenons que les choix nous les faisons et refaisons, comme Sisyphe et son rocher. Les choix fondamentaux qui définissent notre identité sont rarement remis en cause, exception faite de graves traumatismes, mais ils sont aussi très difficiles à reconnaître et encore plus à mettre en mots. Les choix concernant le futile et le superficiel sont quelque peu versatiles et c’est bien naturel, voire tout à fait sain.
Mais en ce qui concerne la relation au produit et à la consommation en général il me semble qu’il s’agit d’un autre phénomène. Le consommateur n’est plus client. A mesure que la société de consommation s’est faite plus prégnante, le flux de consommation devenant constant, le consommateur devient usager, le produit, la chose matérielle qui est derrière un transfert total de propriété, n’existe que dans le cadre de son utilisation (surtout pour le produit industriel dont la production n’a aucune signification, on peut parler de « représentation de la production »), l’usager ne s’intéresse qu’au service. Ainsi l’iPhone rend service. Ca ne veut pas dire que l’usager est complètement satisfait (l’usager, consommateur qui s’émancipe du produit, est incomplet de toutes façons), mais qu’il négocie avec ses propres attentes et frustrations. L’iPhone apporte un certain nombre de choses, notamment une certain reconnaissance sociale (quand bien même elle serait imméritée) due à une belle campagne de publicité qui valorise des performances immatérielles, et le consommateur va vouloir vérifier si il s’agit d’avancées pertinentes. En l’occurrence il faut se replacer à l’époque, ancienne, pendant laquelle est apparue l’iPhone, dans un marché dominé par les appareils fonctionnant avec Windows. Forcément quand on a souffert pendant quelques années avec ce genre de produits, parfois très chers, on est heureux de pouvoir passer à autre chose. Désormais l’iPhone a ouvert une voie que d’autres ont reprise, parfois en dépassant le maître. Si le choix de l’iPhone n’est plus aujourd’hui incontournable pour éviter windows, si dans de nombreux domaines il semble rationnel d’acheter autre chose, il n’en demeure pas moins qu’il possède un certain nombre de qualités à mettre en balance avec ses défauts… c’est le problème du choix, de la décision plutôt, et ça n’a rien à voir avec la moindre contradiction.
L’utilisation de ces objets n’est pas rationnelle. Aujourd’hui, je viens d’acheter un eeepc, mais je n’en ai pas un réel besoin. Ce n’est pas très cher, je n’ai jamais eu de portable, c’est joli: je me dis que c’est comme une aventure…